Dans un monde traversé par des crises multiples — géopolitiques, environnementales, sociales et identitaires — les organisations de solidarité sont de plus en plus sommées de prouver leur impact, souvent dans des contextes marqués par l’incertitude, la complexité et la réduction des financements.
Mais comment rendre compte sans appauvrir le réel ?
Comment démontrer sans trahir le sens de l’action ?
Comment évaluer sans invisibiliser les personnes, leurs trajectoires, leurs résistances, leurs dignités ?
Et surtout : comment faire de l’impact autre chose qu’un exercice de style, une exigence administrative ou un outil de conformité, pour qu’il devienne une véritable force de transformation, au service de l’amélioration concrète des conditions de vie, de la satisfaction des besoins essentiels et du respect des droits fondamentaux ?
Car derrière les indicateurs, il y a des femmes, des hommes, des enfants ; derrière les résultats attendus, des histoires de vulnérabilité mais aussi de capacités ; derrière les projets, une responsabilité éthique : celle de contribuer à un changement réel, durable et juste, qui renforce l’agentivité des personnes et ne se contente pas de « faire bien » sur le papier.
C’est précisément à cet endroit que la Théorie du Changement trouve tout son sens : non comme un outil de justification, mais comme une démarche exigeante de cohérence, de redevabilité et d’engagement, orientée vers la transformation des situations vécues.
La ToC, Une boussole
À Isango, nous défendons une Théorie du Changement qui est une boussole éthique, stratégique et politique, au service des organisations, des personnes concernées et de l’ensemble des parties prenantes.
Elle se présente comme une hypothèse explicite, contextualisée et évolutive, qui invite à se confronter à une question centrale : Pourquoi pensons-nous que ce que nous faisons contribue réellement à améliorer la vie des personnes — ici et maintenant —, sans produire d’effets délétères ici, ailleurs, sur d’autres territoires, d’autres populations ou d’autres équilibres ?
Elle oblige à rendre visibles :
- les choix opérés,
- les hypothèses qui sous-tendent l’action,
- les conditions de réussite,
- les risques, les limites, les zones d’incertitude
- les complémentarités
Remettre les personnes ( et l’ensemble du vivant !) au coeur
Contrairement à une logique purement gestionnaire, la Théorie du Changement replace les populations concernées au cœur du processus :non comme bénéficiaires passifs, mais comme actrices du changement, porteuses de savoirs, de stratégies et de capacités existantes.
Chez Isango, la ToC est conçue avec les équipes, avec les partenaires, et à chaque fois que cela est possible, avec les publics concernés. Ce processus participatif est exigeant, parfois inconfortable — mais profondément transformateur.
Un levier de redevabilité… et de cohérence
La Théorie du Changement permet :
- une clarification des rôles et responsabilités,
- une meilleure lisibilité des impacts à court, moyen et long terme,
- une redevabilité plus juste, car située et explicitée,
- un dialogue plus mature avec les bailleurs, partenaires et autorités.
Elle ne promet pas un impact totalement attribuable — elle assume au contraire une logique contributive, systémique, humble.
Penser l’avenir sans le figer
Dans un monde VICA (volatile, incertain, complexe, ambigu), la Théorie du Changement n’est pas un document figé. C’est un processus vivant, itératif, qui s’actualise au contact du terrain, des apprentissages, des échecs aussi.
Elle permet d’oser une autre posture :
- investir dans le processus autant que dans le résultat,
- privilégier le sens autant que la performance,
- relier impact, dignité, justice et durabilité.
Isango, votre partenaire !
À travers ses formations et accompagnements, Isango propose la Théorie du Changement comme un outil d’émancipation organisationnelle, au service d’une action plus cohérente, d’une redevabilité renforcée, et surtout, d’un changement qui ne perd jamais l’humain de vue.
Penser le changement, c’est déjà commencer à le transformer !
Edith Favoreu